Retraite des 5es

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Pour avancer, avoir foi en ses
qualités !
Une belle rencontre entre des élèves de cinquième et le Père François Lear de Maredsous

« Pas de mauvaise blague ! Vous guidez l’autre afin qu’il ait toute confiance en vous ! ».
En criant cela aux élèves de cinquième en pleine activité de retraite, le Père François Lear sait de quoi il parle… Bien des petits rigolos se sont amusés à contourner les règles de ce petit jeu. De la salle d’activité, un élève sur deux a les yeux bandés et doit se laisser guider par un autre qui, voyant tout, a pour tâche de le mener dans une cour proche des jardins de l’abbaye de Maredsous. Pour cela, il faut descendre d’un escalier et faire le tour d’un bâtiment en ramenant l’élève aveuglé sain et sauf. Défense donc, pour celui qui voit, d’amener son comparse « aveugle » droit dans le mur ! C’est un travail sur la confiance.
Après ce jeu (aucun blessé au final… même pas le professeur qui participait), Père François a réuni tout le monde pour demander les impressions de tous et leur faire comprendre que la confiance –  l’avoir envers autrui et l’inspirer à autrui –  est vitale pour les relations humaines. Il leur a rappelé surtout l’importance de ce rapport de confiance avec les personnes qui tiennent le plus à eux : leurs parents. Il a insisté : dans ce rapport-là, il faut davantage un climat de confiance que d’autorité. à eux de construire cette relation saine avec leurs parents qui sacrifient tellement de choses pour eux.
L’autre grand enseignement du moine de l’ordre de Saint-Benoît lors de cette retraite est la confiance… en soi… François n’a pas énormément parlé de Dieu mais il a demandé aux élèves de parler d’eux et pas n’importe comment : chacun devait uniquement réfléchir à ses forces, à ses qualités. Voilà l’axe central de ces trois jours : amener le jeune à se construire une plus grande confiance en lui-même. Il est tellement plus facile de faire la liste de ses défauts : soit parce que l’on a une tendance toute judéo-chrétienne à culpabiliser, à chercher sans cesse la faute chez soi ou chez l’autre ; soit que l’on veuille à tout prix mettre en évidence ses propres défauts pour tenter de les éliminer. Mais nos défauts restent toujours, donc autant nous fixer directement sur nos qualités pour avancer et apporter sa petite pierre à l’édifice social.
Cette retraite de trois jours à l’Abbaye célèbre pour son collège, ses bières et son fromage, a permis à 18 élèves de 5e de découvrir un moine formidable, le Père François, cultivant les jeux de mots et l’optimisme plus que les sermons. Elle leur a donné l’occasion d’explorer une abbaye où l’on prend son repas encore en silence en écoutant le récit de la vie d’un saint ; où la formation des jeunes du collège côtoie les rituels ancestraux des plus anciens. Certains se sont peut-être laissé tenter par la vie calme rythmée par les règles de Saint-Benoît… La tolérance chrétienne bien connue de Constantin… ou l’absence de colère d’Achille quand on lui a fait endosser la bure… De nouveaux adeptes, Père François ?
Matthieu De Rongé, professeur